Après une mastectomie, l’aréole et le mamelon peuvent être recréés par la chirurgie, par un tatouage, ou par les deux. Ces gestes sont-ils plus ou moins pratiqués qu’avant ? Une étude américaine a suivi leur évolution de 2007 à 2023, dans des données nationales. Voici ce qu’elle montre, d’après le résumé de l’article, et ce qu’elle ne permet pas de conclure.
L’essentiel
- Quoi ? L’évolution, aux États-Unis, de deux gestes réalisés après une mastectomie : la reconstruction chirurgicale de l’aréole et du mamelon, et leur tatouage.
- Comment ? Des données nationales de 2007 à 2023, dans lesquelles les actes sont repérés par leurs codes médicaux.
- Quel résultat ? Les deux gestes diminuent : de 6,5 % par an en moyenne pour la chirurgie, et de 5,8 % par an pour le tatouage, quel que soit le type de reconstruction du sein.
- Quelle portée ? Des tendances d’actes codés aux États-Unis : elles ne disent ni pourquoi ces gestes diminuent, ni ce que vivent les patientes, ni ce qui se passe en France.
Des actes codés, c’est quoi ?
Aux États-Unis, chaque diagnostic et chaque acte médical facturé reçoit un code : les codes CIM-9 puis CIM-10 (ICD en anglais) pour les diagnostics, et les codes CPT pour les actes. Grâce à ces codes, les chercheurs peuvent compter, dans de grandes bases de données, combien de fois un geste a été réalisé, sans relire les dossiers un par un.
Ces données sont précieuses pour suivre des tendances sur de longues périodes. Elles ont aussi leurs angles morts. Un geste qui n’est pas facturé, ou qui l’est sous un autre code, n’apparaît pas. Et un code dit qu’un acte a eu lieu, pas comment il s’est passé ni ce que la patiente en a pensé.
Comment l’étude a été menée
L’étude a été menée par des chercheurs américains, principalement de l’université Stanford. Ils ont analysé des données nationales couvrant les années 2007 à 2023. Chez les patientes ayant eu une mastectomie, ils ont repéré deux gestes à partir de leurs codes : la reconstruction chirurgicale de l’aréole et du mamelon, et leur tatouage.
Ils ont estimé l’évolution de ces gestes au fil des années avec des modèles statistiques, des régressions logistiques et de quasi-Poisson. Ils ont ensuite refait l’analyse selon le type de reconstruction du sein : avec un implant, avec les propres tissus de la patiente (reconstruction dite autologue), ou en associant les deux (reconstruction dite hybride).
Cet article s’appuie sur le résumé de l’étude : le texte intégral n’est pas en accès libre, et les effectifs détaillés n’ont pas pu être vérifiés.
Ce que l’étude a trouvé
Entre 2007 et 2023, la reconstruction chirurgicale de l’aréole et du mamelon a diminué en moyenne de 6,5 % par an, et le tatouage de 5,8 % par an. Ces deux baisses sont statistiquement significatives (p < 0,001).

Les mêmes résultats en chiffres :
| Geste réalisé après une mastectomie | Évolution moyenne, 2007-2023 |
|---|---|
| Reconstruction chirurgicale de l’aréole et du mamelon | baisse de 6,5 % par an |
| Tatouage de l’aréole et du mamelon | baisse de 5,8 % par an |
La baisse des deux gestes se retrouve quel que soit le type de reconstruction du sein : par implant, autologue ou hybride (p < 0,001). Elle ne concerne donc pas un seul profil de patientes.
Comment lire ces tendances ?
Une baisse des deux gestes à la fois signifie que le tatouage n’a pas simplement remplacé la chirurgie : dans ces données, l’un et l’autre deviennent moins fréquents.
Pour les auteurs, ces résultats suggèrent un changement dans la façon de recréer l’aréole et le mamelon, avec des préférences et des techniques chirurgicales qui évoluent. Ces préférences ne sont toutefois pas mesurées directement dans les données.
D’autres raisons pourraient aussi jouer, et le résumé ne permet pas de les départager. Davantage de mastectomies conservent peut-être l’aréole et le mamelon. Des patientes choisissent peut-être de ne pas les recréer. Des tatouages réalisés hors de l’hôpital, ou non facturés, échappent peut-être aux codes. La façon de coder les actes a aussi pu changer en seize ans. Ce sont des pistes, pas des résultats de l’étude.
Ce que l’étude ne permet pas de conclure
- Des actes, pas des patientes interrogées. Les codes comptent des gestes. Ils ne mesurent ni la satisfaction, ni la qualité de vie, ni les raisons des choix.
- Un angle mort : les tatouages hors du circuit médical. Un tatouage réalisé par un professionnel du tatouage, ou non facturé, n’apparaît pas forcément dans ces données. La baisse observée ne dit donc pas combien de patientes se font réellement tatouer.
- Une baisse n’est pas un report. Les données ne montrent pas que les patientes renoncent à la chirurgie au profit du tatouage, ni l’inverse.
- Les États-Unis, pas la France. L’organisation des soins, leur prise en charge et les professionnels qui réalisent ces gestes diffèrent d’un pays à l’autre.
- Un résumé seulement. Le texte intégral n’étant pas en accès libre, la base de données, les effectifs et les définitions de codage n’ont pas pu être vérifiés.
Ce que l’étude apporte à la pratique
- Présenter toutes les options. Après une mastectomie, recréer l’aréole et le mamelon reste un choix : chirurgie, tatouage, les deux, ou ni l’un ni l’autre.
- Informer et décider ensemble. Pour les auteurs, ces tendances comptent pour l’information des patientes, la préparation de la chirurgie et la décision partagée.
- Mieux compter pour mieux comprendre. Suivre ces gestes suppose des données complètes, y compris pour les tatouages réalisés hors de l’hôpital.
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Ce qu’il faut retenir
Aux États-Unis, entre 2007 et 2023, la reconstruction chirurgicale de l’aréole et du mamelon et leur tatouage ont diminué chaque année, de 6,5 % et de 5,8 % en moyenne, quel que soit le type de reconstruction du sein. Ces tendances reposent sur des actes codés : elles n’expliquent pas les raisons de cette baisse, ne comptent pas les tatouages réalisés hors du circuit médical et ne décrivent pas la situation en France.
Questions fréquentes
Le tatouage de l’aréole remplace-t-il la chirurgie du mamelon ?
Pas d’après cette étude. Aux États-Unis, entre 2007 et 2023, les deux gestes ont diminué, de 6,5 % par an pour la chirurgie et de 5,8 % par an pour le tatouage. Les données ne montrent pas de report de l’un vers l’autre.
Pourquoi ces gestes diminuent-ils ?
Les auteurs évoquent une évolution des préférences et des techniques chirurgicales, sans la mesurer directement. D’autres pistes sont possibles, comme des mastectomies qui conservent davantage l’aréole ou des tatouages réalisés hors de l’hôpital, mais l’étude ne permet pas de les vérifier.
Ces résultats valent-ils pour la France ?
Non. Ils décrivent des actes codés aux États-Unis, où l’organisation des soins est différente. Ils ne disent rien du nombre de tatouages de l’aréole réalisés en France.
Source et liens utiles
Hunt JL, Cho S, Tadevosyan E, Lee E, Zhu JJ, Cox E, Nazerali R. Tattoo or reconstruction? Sixteen-year trends in post mastectomy nipple areolar complex restoration in the United States. Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery. 2026;122:163-168. Notice PubMed consultée le 8 octobre 2026.
D’après le résumé de l’article ; le texte intégral n’est pas en accès libre. Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêts.
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Cet article d’information ne remplace pas un avis médical.



