Poids, activité physique et cancer du sein après la ménopause

Le poids et l’activité physique comptent parmi les facteurs de risque du cancer du sein les mieux établis, rappellent les auteurs de cette étude néerlandaise publiée en 2026. Ils ont suivi 43 127 infirmières après la ménopause pendant plus de treize ans. Voici ce qu’ils observent, d’après le résumé de l’article, et comment lire ces résultats : ni comme une prédiction, ni comme une source de culpabilité.

L’essentiel

  • Qui ? 43 127 infirmières néerlandaises après la ménopause, suivies pendant 13,2 ans (durée médiane). 1 776 cancers du sein ont été diagnostiqués pendant ce suivi.
  • Quel résultat ? Chaque tranche de 5 kg pris entre 18 ans et la ménopause était associée à un risque de cancer du sein après la ménopause plus élevé de 6 %, en valeur relative.
  • Et l’activité physique ? Une activité sportive élevée était associée à un risque plus faible, mais seulement chez les femmes en surpoids.
  • Comment le lire ? Une étude d’observation montre des associations : ni une cause démontrée, ni une prédiction pour une femme en particulier.

Risque relatif, risque absolu : quelle différence ?

Le résultat principal de l’étude est un hazard ratio de 1,06 par tranche de 5 kg. Le hazard ratio compare la fréquence d’un événement, ici le cancer du sein, entre deux situations au fil du temps. À 1, le risque est le même. À 1,06, il est plus élevé de 6 % en valeur relative.

Un risque relatif plus élevé de 6 % ne veut pas dire 6 chances de plus sur 100. Prenons un exemple fictif : un risque de 10 sur 100 deviendrait environ 10,6 sur 100. L’écart dépend donc du risque de départ, qui varie d’une femme à l’autre.

Le chiffre s’accompagne d’un intervalle de confiance à 95 %, ici de 1,04 à 1,09 : c’est la fourchette des valeurs compatibles avec les données. Comme elle ne contient pas 1, l’association est statistiquement significative.

L’étude utilise aussi l’indice de masse corporelle, ou IMC, qui rapporte le poids à la taille. On parle de surpoids à partir de 25, et d’obésité à partir de 30.

Comment l’étude a été menée

L’étude a été menée par l’Institut néerlandais du cancer, à Amsterdam, avec l’université d’Utrecht. Les participantes font partie d’une cohorte d’infirmières néerlandaises : un grand groupe de femmes interrogées à leur entrée dans l’étude, puis suivies pendant des années.

Elles ont rempli un questionnaire à l’entrée dans l’étude, puis jusqu’à deux questionnaires de suivi. Leur IMC et leur activité physique ont été recueillis pour l’âge de 18 ans, à l’entrée dans l’étude, puis autour de la ménopause. Les chercheurs ont estimé le lien avec le risque de cancer du sein après la ménopause grâce à des modèles statistiques dits de Cox multivariés, qui tiennent compte de plusieurs facteurs à la fois.

L’analyse porte sur 43 127 femmes après la ménopause. Pendant un suivi médian de 13,2 ans, 1 776 cancers du sein ont été diagnostiqués.

Cet article s’appuie sur le résumé de l’étude : le texte intégral n’est pas en accès libre.

Ce que l’étude a trouvé

Chaque tranche de 5 kg pris entre 18 ans et la ménopause était associée à un risque de cancer du sein après la ménopause plus élevé de 6 % (hazard ratio de 1,06 ; intervalle de confiance à 95 % de 1,04 à 1,09). L’activité physique ne modifiait pas cette association.

Graphique : chiffres clés d’une cohorte de 43 127 infirmières néerlandaises suivies 13,2 ans après la ménopause, avec 1 776 cancers du sein. Chaque tranche de 5 kg pris entre 18 ans et la ménopause est associée à un risque relatif plus élevé de 6 % (hazard ratio 1,06, de 1,04 à 1,09).
Graphique RNPSDA, d’après le résumé de l’étude.

Les mêmes résultats en chiffres :

Situation étudiéeHazard ratio (intervalle de confiance à 95 %)
Par tranche de 5 kg pris entre 18 ans et la ménopause1,06 (1,04 à 1,09)
Poids normal à l’entrée dans l’étude, puis surpoids ou obésité1,39 (1,06 à 1,83)
Lecture : un hazard ratio de 1,06 correspond à un risque plus élevé de 6 % en valeur relative. Source : van Duijne et al., 2026, résumé de l’article.

Un IMC de 25 ou plus à la ménopause était lui aussi associé à un risque plus élevé. Les femmes de poids normal à l’entrée dans l’étude, qui ont ensuite développé un surpoids ou une obésité, avaient un risque plus élevé (hazard ratio de 1,39 ; de 1,06 à 1,83).

Pour l’activité physique, le résultat est plus nuancé. Une activité sportive élevée était associée à un risque plus faible uniquement chez les femmes en surpoids, avec un IMC de 25 à 30 (p de tendance de 0,04). Les changements d’activité physique depuis l’entrée dans l’étude n’étaient pas clairement associés au risque, quelle que soit l’évolution de l’IMC.

Les auteurs concluent que la prise de poids entre 18 ans et la ménopause est associée à un risque plus élevé, quelle que soit l’activité physique, et qu’une activité sportive plus importante à l’entrée dans l’étude pourrait être associée à un risque plus faible chez les femmes en surpoids.

Lire ces résultats sans culpabiliser

Ces chiffres décrivent des tendances moyennes dans un grand groupe de femmes. Ils ne disent pas qu’une femme qui a pris du poids aura un cancer du sein. Ils ne disent pas non plus qu’une femme atteinte d’un cancer l’a provoqué.

Le cancer du sein a de nombreux facteurs, dont beaucoup ne dépendent pas du mode de vie, comme l’âge ou les antécédents familiaux. Le poids, lui, dépend aussi de la santé, des traitements, des conditions de vie et de l’histoire de chacune.

En France, la prévention passe aussi par le dépistage organisé du cancer du sein, proposé tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans. Pour votre situation personnelle, parlez-en avec l’équipe qui vous suit.

Ce que l’étude ne permet pas de conclure

  • Une étude d’observation. Les participantes n’ont pas été réparties au hasard entre prise de poids et poids stable. Les modèles tiennent compte de plusieurs facteurs, mais d’autres différences entre les femmes peuvent expliquer une partie des écarts.
  • Des données déclarées. Le poids et l’activité physique étaient recueillis par questionnaire, y compris pour l’âge de 18 ans, avec une part d’imprécision.
  • Une population particulière. Des infirmières néerlandaises : les résultats ne s’appliquent pas forcément à toutes les femmes.
  • Un résultat de sous-groupe pour le sport. L’association avec l’activité sportive n’apparaît que chez les femmes en surpoids, avec un p de 0,04, proche du seuil habituel de 0,05 : un résultat à confirmer.
  • Un résumé seulement. Le texte intégral n’étant pas en accès libre, les définitions et les ajustements de l’analyse n’ont pas pu être vérifiés.

Ce qu’il faut retenir

Dans cette cohorte de 43 127 infirmières néerlandaises suivies après la ménopause, la prise de poids depuis l’âge de 18 ans était associée à un risque relatif de cancer du sein un peu plus élevé : 6 % de plus par tranche de 5 kg. L’activité sportive n’était associée à un risque plus faible que chez les femmes en surpoids. Ce sont des associations observées dans un grand groupe : elles éclairent la prévention, sans prédire l’avenir d’une femme ni désigner de responsable.

Questions fréquentes

La prise de poids est-elle associée au cancer du sein après la ménopause ?

Dans cette étude, chaque tranche de 5 kg pris entre 18 ans et la ménopause était associée à un risque relatif plus élevé de 6 %. C’est une association observée dans un grand groupe, pas une prédiction individuelle.

Que signifie un risque plus élevé de 6 % ?

C’est un risque relatif : il se calcule par rapport au risque de départ. Dans un exemple fictif, un risque de 10 sur 100 deviendrait environ 10,6 sur 100, et non 16 sur 100.

L’activité physique diminue-t-elle le risque de cancer du sein ?

Dans cette étude, une activité sportive élevée était associée à un risque plus faible seulement chez les femmes en surpoids. Le résultat, observé dans un sous-groupe, reste à confirmer.

Source et liens utiles

van Duijne HM, Berentzen NE, Vermeulen RC, Vlaanderen JJ, Kromhout H, Jóźwiak K, Rookus M, van Leeuwen FE, Schaapveld M. Change in body mass index and physical activity and postmenopausal breast cancer risk in a cohort of Dutch nurses. Journal of the National Cancer Institute, publié en ligne le 5 juin 2026. Notice PubMed consultée le 8 octobre 2026.

D’après le résumé de l’article ; le texte intégral n’est pas en accès libre.

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Cet article d’information ne remplace pas un avis médical.

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